Opera, Paris

 

Opéra - Grands Boulevards



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L'Histoire du quartier

"de nombreux aristocrates investissent le quartier, pour y loger leurs amies ou maîtresses [...] et font construire des hôtels particuliers, souvent dénommés "Folies"


L’histoire du quartier commence au Moyen-Age,  même si l’on a pu retrouver des vestiges de l’époque pré-historique (une nécropole gallo-romaine, objets en bronze…). Au XIIème siècle, l’essentiel du 9ème  arrondissement est composé d'une vaste zone à la fois campagnarde et marécageuse. En effet, sur la ligne de la rue Saint-Lazare à la rue Montholon, s’étendait un vaste terrain plat appelé « Marais de Paris ». C'est alors que débutèrent les travaux de remblaiement des marécages. On y creusa un fossé (Le Grand Egout) renfermant des canaux destinés à assécher le terrain.

A partir du XIVème siècle, la zone se couvre de jardins potagers et maraîchers d'où le nom de la rue Cadet provenant d’un chemin qui traversait un enclos cultivé par les frères Cadet, jardiniers.

Sous le règne de Louis XIV les boulevards des Capucines, des Italiens, Montmartre et Poissonnière sont tracés et de nombreux aristocrates investissent le quartier, pour y loger leurs maîtresses. Ils y achètent des domaines et font construire des hôtels particuliers dénommés « Folies », petites maisons entourées de jardins. Avant la révolution, beaucoup de constructions parfois grandioses voient le jour comme l’ancien hôtel du fermier général d’Augny, devenu la Mairie du 9ème.

La Révolution bouleverse la hiérarchie sociale :
* déplacement des barrières d’entrées plus au Nord pour éviter les fraudes fiscales.
* annexion des communes de Clichy et de Montmartre.
* émigration des grands seigneurs, l’aliénation de leurs biens, voire leur exécution.


"De fameux restaurants dont certains existent encore ouvrent leurs portes: Chartier, le Brébant..."


La Restauration se caractérise par une forte spéculation foncière et la reprise de constructions dans tout l’arrondissement. De cette époque date aussi le début de l’installation de nombreux théâtres et de nombreux artistes. mais c'est sous le règne de Louis-Philippe au 19ème siècle, que le quartier devient le coeur de paris et de l'activité commerciale: des boutiques s’ouvrent, des banques s’implantent, des journaux s’impriment (Le Figaro, Le Matin, La Petit Journal...). Le quartier se peuple de comédiens, forains, dandys. De fameux restaurants dont certains existent encore ouvrent leurs portes: Chartier, le Brébant, ouvert sous le nom de Café des Grands Hommes, le Café Riche, devenu « Au petit Riche », le Hardi, fréquenté par Gambetta et par l’auteur de théâtre Labiche. En 1847, les passages couverts Jouffroy et Verdeau sont crées, ils sont symboles d'une architecture innovante, utilisant pour la première fois du fer à une construction privée.

En 1860 de nouvelles artères sont tracées, dont le boulevard Haussmann. De nombreuses rues sont élargies ou prolongées. Des cafés restaurants fameux s’installent et accueillent de nombreux écrivains, intellectuels, peintres. Citons entre autres les frères Goncourt, Emile Zola, Gustave Flaubert, Paul Cézanne, … C'est aussi la periode de la construction de la salle des Ventes de Drouot et de nombreux magasins d’arts (antiquaires, galeries, philatélistes, numismatique, etc). Le théâtre des Folies Bergère date également de la fin du Second Empire.

C’est au moment du centenaire de la Révolution, sur l’initiative d’Arthur Meyer en 1889 qu’un musée des Célébrités (Grévin), propose de familiariser le public aux traits des hommes célèbres. Sur le plan artistique, les théâtres et librairies sont nombreux à s’installer et à prospérer dans le quartier, notamment sur les boulevards Montmartre et Poissonnière. Elles seront suivies au XXème siècle par les salles de cinéma.


"Après la deuxième guerre mondiale, l’aspect « festif » du quartier s’estompe singulièrement..."



Aux lendemains de la première guerre mondiale, des changements importants, touchent le quartier. Même si les Grands Boulevards gardent une grande animation, la perte de prestige du quartier au profit d’autres arrondissements est patente. Les boulevards et sites avoisinants sont progressivement désertés par la clientèle de luxe, qui émigre vers la rue de  la Paix  , la rue du Faubourg Saint-Honoré et les Champs-Elysées.
Le quartier se « prolétarise », avec une proportion importante d’ouvriers et artisans et immigrés. Dans les années 1930, on estime qu’environ un quart des habitants du quartier sont d’origine étrangère ce qui serait d'ailleurs à l'origine du développement croissant du nombre d’hôtel dans le secteur.

Après la deuxième guerre mondiale, l’aspect « festif » du quartier s’estompe singulièrement, même si la rue du Faubourg Montmartre, la salle des Folies Bergère ou des boîtes de nuit célèbres comme le Palace dans les années 1970 maintiennent une certaine attraction.

Les 10 dernères années sont marquées par la forte hausse des prix de l’immobilier qui contribue de surcroît à modifier progressivement le profil des habitants. Une population en moyenne plus « diplômée », appartenant à la fois au secteur public et au secteur privé, souvent caricaturée sous l’acronyme de « bobos ».


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